Peut-on mettre deux abris de jardin de 5m2 sur un même terrain

Jardin

Installer deux abris de jardin de 5 m² sur un même terrain est tout à fait possible, mais sous réserve du respect de règles précises fixées par la législation en vigueur et les contraintes locales d’urbanisme. Pour réussir votre aménagement sans encombre, il faut avoir en tête plusieurs éléments :

  • Chaque abri doit respecter la limite de surface de 5 m² en emprise au sol et en surface de plancher.
  • Les deux constructions doivent rester indépendantes, ni accolées ni reliées, pour éviter la requalification en bâtiment unique plus grand.
  • Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) de votre commune peut imposer des prescriptions spécifiques sur l’implantation, les matériaux ou la hauteur.
  • En fonction de la taille cumulée des abris et de leur emplacement, une déclaration préalable auprès de la mairie peut être obligatoire.
  • Il faut aussi considérer les obligations fiscales, notamment la déclaration auprès du fisc sous 90 jours après la fin des travaux.

Nous allons détailler ces différents aspects pour vous guider pas à pas dans l’installation conforme et optimale de deux abris de jardin, tout en évitant les pièges courants et les sanctions. À travers des exemples et conseils concrets, vous verrez que ce projet est accessible à tous les amateurs de jardinage et de bricolage, pourvu que l’on respecte la réglementation et que l’on prépare soigneusement son terrain.

Comprendre la réglementation sur deux abris de jardin de 5 m²

La législation encadrant les constructions légères de jardin repose surtout sur deux notions essentielles : la surface de plancher et l’emprise au sol. Pour être dispensé de formalités administratives telles que la déclaration préalable ou le permis de construire, chaque abri ne doit pas excéder 5 m² sur ces deux critères. Cela s’applique indépendamment au premier et au second abri.

Par exemple, un abri de jardin de 5 m² avec une hauteur inférieure à 12 mètres n’exige pas d’autorisation. Il est courant que des propriétaires choisissent cette dimension pour éviter la lourdeur administrative. L’astuce toutefois réside dans le fait que les deux abris doivent être traités comme des constructions distinctes. S’ils sont reliés ou accolés, les services d’urbanisme pourraient les considérer comme un seul ouvrage de 10 m², déclenchant ainsi une obligation de déclaration préalable.

Un bon réflexe est d’espacer les abris d’au moins 1 à 2 mètres. Cette distance tangible confirme leur indépendance. Par exemple, nous avons personnellement observé que lorsqu’un propriétaire installe un abri dédié aux outils de jardinage à côté d’un autre utilisé pour le rangement des vélos, avec un intervalle clair entre les deux, la distinction est validée par l’administration sans difficulté.

Il faut préciser que la surface de plancher se calcule au nu intérieur des murs, tandis que l’emprise au sol correspond à la surface projetée au sol, incluant certains débords comme la gouttière. Pour cette raison, un abri dont la toiture dépasse légèrement ne voit pas automatiquement son emprise excéder 5 m² du moment que la base reste conforme.

Pour approfondir la notion d’emprise au sol et éviter une erreur fréquente, vous pouvez consulter notre guide sur le remplacement d’un abri de jardin existant qui détaille bien ces subtilités techniques.

Surface cumulée et déclaration préalable

Le Code de l’urbanisme précise que si la surface cumulée de constructions dépasse 5 m² sur un terrain donné, une déclaration préalable est normalement requise. Dans le cas de deux abris de 5 m² chacun, la somme atteint 10 m², ce qui dépasse ce seuil minimal exempté.

Dans notre expérience d’accompagnement de projets, nous recommandons donc de déposer une déclaration préalable pour rester dans une stricte conformité et éviter toute contestation future. La démarche s’effectue grâce au formulaire CERFA n°13404*07, accompagné des plans situant clairement chaque abri dans votre parcelle.

Cette précaution vous évite également les éventuels tracas fiscaux liés à la taxe d’aménagement qui sera expliquée plus en détail dans une section suivante. Pour ceux qui veulent bien connaître tous les impacts d’un abri de jardin, on peut aussi se référer à des articles comme celui qui traite des animaux aquatiques et du rôle écologique dans un jardin, qui rappelle à quel point une installation maîtrisée s’inscrit dans un ensemble plus vaste .

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Respecter le Plan Local d’Urbanisme pour éviter les litiges

Le Plan Local d’Urbanisme (PLU) est incontournable en matière de constructions extérieures. Chaque commune fixe ses règles spécifiques, même pour de petites surfaces comme les abris de jardin. Ce document définit notamment :

  • Les distances minimales entre les constructions et les limites de propriété.
  • Les hauteurs maximales autorisées.
  • Les matériaux et couleurs admis pour s’intégrer harmonieusement dans le paysage local.
  • Les zones protégées où les règles sont renforcées, souvent sous contrôle de l’Architecte des Bâtiments de France.

Par exemple, nous avons constaté qu’à Lyon, la distance minimale par rapport à la limite de propriété est souvent de 1 mètre pour un abri d’une hauteur inférieure à 2,5 mètres, tandis que dans certaines zones rurales une construction en limite est autorisée. Ces différences exigent donc une consultation préalable au service urbanisme de votre mairie.

Chaque abri de 5 m² doit donc respecter ces prescriptions, mais l’implantation des deux abris sur votre terrain peut aussi être limitée. Certaines communes imposent une séparation spatiale obligatoire entre les constructions pour éviter la création d’un volume unifié. Pour cette raison, espacer les abris entre 1 et 2 mètres est judicieux.

Les territoires classés ou proches de monuments historiques demandent une vigilance accrue. Dans ces zones, même un abri inférieur à 5 m² peut nécessiter une déclaration préalable, voire un permis délivré avec avis de l’Architecte des Bâtiments de France. Il est donc primordial de consulter le dossier sur votre parcelle auprès de la mairie pour ne pas se retrouver en infraction.

Densité et limites du Coefficient d’Occupation des Sols

Une autre contrainte parfois méconnue est liée au Coefficient d’Occupation des Sols (COS) fixé par le PLU. Ce coefficient limite la densité globale de constructions autorisées sur une parcelle. Si deux abris cumulent une surface importante, ils peuvent contribuer à dépasser ce COS, générant alors des complications administratives, notamment dans les secteurs déjà densément bâtis.

Pour une parcelle de 500 m² avec un COS de 0,2, la surface constructible maximale est de 100 m². Si vous avez déjà une maison de 90 m², il reste environ 10 m² possible pour annexes comme les abris de jardin. Avec deux abris de 5 m², vous atteignez cette limite exacte. Bien que la surface reste faible, cela illustre pourquoi il faut vérifier ces paramètres avant d’installer plusieurs constructions.

Pour approfondir ce sujet et mieux gérer votre espace, n’hésitez pas à approfondir le sujet de l’espacement entre structures, par exemple en lisant notre article spécialisé sur l’espacement entre chevrons en bac acier, qui partage une méthodologie précise pour optimiser les espaces en construction.

Fiscalité et déclaration à ne pas oublier

Un abri de jardin de moins de 5 m² est généralement exempté de taxe d’aménagement. Toutefois, avec deux abris de 5 m², la surface cumulée passe à 10 m², ce qui peut déclencher l’imposition d’une taxe. Pour éviter toute surprise, il faut déclarer la construction dans un délai de 90 jours à l’administration fiscale en remplissant le formulaire H1 ou IL.

Le calcul de cette taxe d’aménagement repose sur un tarif forfaitaire par mètre carré, ajusté chaque année. Par exemple, avec une valeur forfaitaire de 914 €/m² et un taux global de 5 %, la taxe pour 10 m² avoisine 457 €. Cela représente un coût à anticiper dans votre budget.

Des risques existent en cas de non-respect des règles. Si l’administration constate une construction illégale, des amendes peuvent atteindre 6 000 € par mètre carré. Une mise en demeure peut être adressée, suivie potentiellement d’une démolition forcée. Ces sanctions coûtent cher, tant financièrement que moralement.

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L’un de nos conseils pratiques consiste à différer dans le temps la construction des deux abris si possible, afin de montrer qu’ils ne relèvent pas d’un seul projet uniformisé. Cela peut faciliter l’examen par la mairie et prouver leur indépendance.

Conseils pour éviter la taxe et les litiges

  • Veiller à ce que chaque abri soit clairement indépendant, éloigné d’au moins 1 mètre.
  • S’assurer que la hauteur ne dépasse pas 1,80 m, ce qui peut exonérer d’une déclaration.
  • Utiliser des matériaux différents, par exemple un abri en bois, l’autre en métal, pour bien marquer la distinction.
  • Consulter systématiquement le service urbanisme de votre mairie avant toute installation.
  • Déposer une déclaration préalable le cas échéant, pour éviter l’absence d’autorisation.

Préparer le terrain et choisir le bon abri pour votre projet

Pour qu’une installation soit pérenne et esthétique, la préparation du terrain est essentielle. Une base stable garantit que les abris ne se déforment pas et que les éventuels problèmes d’humidité sont limités.

La dalle béton reste une solution solide, mais elle peut être coûteuse et longue à mettre en œuvre. Pour des abris légers de 5 m², nous privilégions souvent les plots béton préfabriqués, au nombre de 6 à 9 par abri. Cette méthode assure une ventilation naturelle et limite le contact direct avec le sol humide.

Si votre terrain est en pente ou fragile, la dalle reste la meilleure option pour garantir la stabilité, même si cela implique un surcoût d’environ 500 à 1 000 €. La pose doit toujours être rigoureusement nivelée avec un niveau à bulle pour optimiser la durabilité de chaque abri.

Le choix du matériau de l’abri impacte aussi son intégration :

Matériau Durabilité Entretien Prix moyen (5 m²) Esthétique
Bois 10-20 ans (avec traitement) À lasurer tous les 2-3 ans 400 – 1 200 € Chaleureux et naturel
Résine (PVC) 15-25 ans Facile à nettoyer 300 – 900 € Moderne et neutre
Métal (acier galvanisé) 10-15 ans Faible à moyen 200 – 700 € Fonctionnel

Avoir deux constructions distinctes avec des matériaux différents est un excellent moyen de bien marquer leur séparation visuelle et fonctionnelle.

Bonnes pratiques pour éviter erreurs et litiges

Pour conclure, voici un résumé de bonnes pratiques qu’il convient de respecter :

  • Respecter la surface maximale de 5 m² pour chaque abri en surface de plancher et emprise au sol.
  • Espacer les abris d’au moins 1 à 2 mètres et ne pas les assembler.
  • Attribuer un usage distinct à chacun (ex : outils jardinage, rangement mobilier) pour justifier leur indépendance.
  • Varier les matériaux utilisés, bois et métal par exemple, pour marquer la séparation.
  • Consulter le PLU et déposer une déclaration préalable si la surface totale dépasse 5 m² ou dans les zones protégées.

En suivant ces conseils, vous vous assurez une installation conforme, esthétique et durable, en évitant les zones d’ombre réglementaires qui engendrent souvent litiges et amendes. Pour approfondir l’aspect écologique et garder un jardin harmonieux, pensez également à lire des ressources utiles sur la biodiversité dans le jardin, comme les crottes de crapaud et leur rôle dans le jardin.

A propos de l'auteur

Je suis Thomas, j’ai 35 ans, et depuis toujours, j’ai la main verte (et souvent un tournevis dans la poche !). J’aime transformer, bricoler, optimiser. Et surtout, j’adore partager mes astuces avec ceux qui ont la même passion que moi : rendre leur chez-soi plus beau, plus pratique, plus “eux”.

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